1. Législation européenne
L’Article 57 du Traité de l’Union Européenne
fournit la base légale de la législation couvrant
la reconnaissance mutuelle des diplômes. La reconnaissance
des qualifications professionnelles est l’une des mesures
de soutien permettant la libre circulation des travailleurs.
Les employés détachés (ou postés) à
l’étranger par leur employeur rencontrent rarement
des difficultés pour faire reconnaître leurs qualifications.
Par contre, le conjoint ou le concubin qui les accompagne voudra
peut-être trouver un emploi à l’étranger.
Ces membres de la famille, tout comme les autres demandeurs d’emploi,
devront peut-être obtenir la reconnaissance officielle de
leurs qualifications pour trouver un travail. Cette reconnaissance
officielle est également importante lorsque les entreprises
définissent les salaires.
La première question à se poser est de savoir si
la profession concernée est réglementée ou
non-réglementée. Si elle est réglementée,
les directives sectorielles ou générales de l’Union
Européenne seront applicables à l’expatrié.
Les professions réglementées sont réservées
aux personnes qui détiennent des qualifications spécifiques.
Il s’agit par exemple des professions suivantes : avocats,
comptables, enseignants, kinésithérapeutes et électriciens.
Le nombre de professions réglementées varie d’un
État Membre à l’autre. Une profession peut être
réglementées dans un pay mais pas dans un autre.
a. Professions réglementées couvertes par des directives
sectorielles
Professions médicales et architectes
Si vous êtes médecin, infirmier(ère), dentiste,
sage-femme, vétérinaire, pharmacien ou architecte,
vos qualifications professionnelles sont couvertes par une directive
sectorielle et la formation a été harmonisée,
dans une certaine mesure, au niveau européen. Les qualifications
nationales seront donc, en principe, reconnues automatiquement.
Un professionnel peut donc exercer en indépendant ou comme
salarié dans tout autre pays de l’Union Européenne.
Vous devez déposer une demande officielle de reconnaissance
auprès des autorités compétentes de l’État
Membre hôte. Ces autorités disposent d’un délai
de trois mois pour traiter votre dossier. Tout refus de reconnaître
vos qualifications doit être motivé, et vous devez
avoir le droit de faire appel devant les tribunaux nationaux.
Commente procéder
Les informations et documents doivent être présentés
aux autorités compétentes. Des frais administratifs
sont généralement facturés.
Dans tous les pays de l’Union Européenne, des points
de contact pourront vous mettre en relation avec les autorités
concernées. Vous trouverez la liste de ces points à
http://europa.eu.int/europedirect
Documents que vous devrez présenter :
- Une lettre de demande aux autorités concernées
- Un formulaire d’inscription adapté
- Une pièce d’identité indiquant que vous
êtes ressortissant d’un pays de l’Union Européenne
ou de l’Espace Économique Européen
- Une copie certifiée conforme de votre diplôme
b. Professions réglementées non couvertes
par les directives sectorielles – système général
Pour les professions réglementées non couvertes par
les directives transitionnelles ou sectorielles, la directive générale
est généralement applicable si la profession est réglementée.
L’objectif principal de la directive générale
est de reconnaître, et non d’harmoniser. Les personnes
qualifiées pour pratiquer une profession réglementée
dans un État Membre devraient être qualifiées
pour pratiquer la même profession partout dans l’Union
Européenne. Comme il n’existe pas de coordination de
l’exigence minimale de formation, les systèmes généraux
n’autorisent pas la reconnaissance automatique des qualifications.
Vous devez demander cette reconnaissance.
Le système général concerne une personne :
- Ressortissante d’un État Membre
- Entièrement qualifiée pour pratiquer une profession
réglementée dans l’État Membre A
- Qui désire pratiquer la même profession dans l’État
Membre B lorsque cette profession est réglementée
dans l’État Membre B
- N’est pas couverte par un autre système de reconnaissance
Comment savoir si la profession est réglementée
ou non
Se renseigner auprès du point de contact du pays d’origine
ou du pays hôte, que vous trouverez à http://europa.eu.int/europedirect
Vous trouverez aussi des informations sur des professions réglementées
spécifiques à http://citizens.eu.int
Comment obtenir la reconnaissance officielle des qualifications
professionnelles dans l’État Membre hôte
L’élément reconnu est le «Produit final»,
c'est-à-dire le diplôme, sa partie professionnelle
et votre expérience professionnelle.
Le demandeur doit envoyer sa demande de reconnaissance aux autorités
compétentes dans l’État Membre hôte, qui
examinera chaque dossier selon ses mérites. Ces autorités
disposent d’un délai de quatre mois pour répondre.
- Les autorités compétentes peuvent reconnaître
les qualifications professionnelles telles qu’elles. Dans
ce cas, vous pouvez commencer à pratiquer votre profession
dans les mêmes conditions que les ressortissants de l’État
Membre hôte. Dans certains pays, comme le Royaume-Uni, vous
devez vous inscrire auprès du corps professionnel concerné.
- Si les autorités considèrent que la formation
du demandeur est sensiblement différente en termes de durée
par rapport à la formation du pays hôte, le demandeur
devra peut-être fournir une preuve d’expérience.
S’il existe des différences importantes au niveau
du contenu de la formation, le demandeur devra peut-être
suivre une période d’adaptation ou passer un test
d’aptitude dans l’État Membre hôte.
- Si la demande est refusée, les motifs de ce refus doivent
être clairement indiqués. Vous pouvez faire appel
auprès d’un tribunal de l’État Membre
hôte. Les institutions communautaires ne sont pas habilitées
à révoquer une décision administrative prise
par les autorités nationales concernant votre dossier.
Seul un organe national compétent pourra révoquer
la décision de refuser votre demande de reconnaissance.
Le point de contact susmentionné vous indiquera les autorités
compétentes. Consultez aussi les chapitres de ce manuel consacrés
à des pays spécifiques.
Contactez les autorités compétentes de l’état
Membre hôte pour obtenir une liste complète des documents
nécessaires avant de quitter votre pays d’origine.
Vous aurez sans doute besoin des documents suivants :
Documents nécessaires
- Justificatif de nationalité (copie de votre carte d’identité
ou de votre passeport)
- Copie certifiée conforme de votre diplôme ou autre
justificatif officiel de qualification
- Un document indiquant la durée et le contenu des études
(comme par exemple le supplément au diplôme dans
l’enseignement supérieur, ou le supplément
aux certificats de la formation professionnelle)
- Document décrivant votre compétence professionnelle
- Certificat concernant la formation professionnelle pratique
- Documents concernant votre expérience professionnelle
(par exemple, certificats de vos employeurs dans l’État
Membre d’origine)
Dans certains cas, un certificat de santé, de solvabilité
et/ou de bonne conduite vous sera peut-être demandé
(si les ressortissants du pays doivent fournir ces documents).
Si les documents de base doivent être traduits dans la langue
officielle du pays hôte, cela doit être fait aux frais
du demandeur par un traducteur assermenté.
Vous devrez peut-être aussi verser des frais administratifs
et les frais nécessaires pour organiser un test d’aptitude
éventuel, mais ces frais ne devront pas dépasser les
frais réels du service fourni.
De nombreuses règles nationales varient d’un pays
à l’autre (inscription auprès d’un corps
professionnel, droits et obligations de la profession). Les autorités
compétentes vous fourniront les règles concernant
votre profession.
c. Professions non réglementées
Si votre profession n’est pas réglementée dans
l’État Membre hôte, elle n’est sujette
à aucune restriction officielle de l’UE. Cela signifie
qu’aucune autorité au niveau européen n’est
responsable des questions concernant les professions non réglementées
non couvertes par les Directives Communautaires. En théorie,
vous êtes libre de pratiquer cette profession dans l’État
Membre hôte, avec les mêmes droits et obligations que
ses ressortissants.
Néanmoins, même si les directives sur la reconnaissance
ne sont pas applicables, vous avez certains droits en ce qui concerne
la reconnaissance des diplômes. Les autorités du pays
hôte sont, de toute manière, dans l’obligation
de prendre en compte les diplômes et qualifications professionnels
acquis dans un autre État Membre, en conformité avec
les Articles du Traité européen sur la liberté
de circulation. La Cour de Justice européenne a arbitré
plusieurs dossiers de ce type.
De nombreux témoignages indiquent qu’en pratique il
y a des problèmes dans ce domaine, car le manque de familiarité
avec les qualifications d’autres pays entrave la liberté
de circulation. Des problèmes peuvent se présenter
lorsque vous postulez à un emploi ou lors de la préparation
des barèmes de salaires.
Vous devez vous munir de justificatifs de vos qualifications et
de votre expérience professionnelle avant de quitter votre
pays.
Dans certains pays, le centre d’information national pour
la reconnaissance des diplômes universitaires, NARIC, évalue
les références internationales des professionnels,
même lorsque la profession concernée n’est pas
réglementée. Sur demande, ce centre peut préparer
une déclaration conseil sur les qualifications obtenues à
l’étranger en les comparant aux qualifications les
plus proches dans son pays.
Les points de contact nationaux pour les qualifications professionnelles
peuvent être interrogés pour les questions relatives
à la formation professionnelle.
Supplément de diplôme
Un modèle de Supplément de Diplôme a été
mis au point par la Commission Européenne, le Conseil de
l’Europe et l’UNESCO/CEPES pour faciliter la transparence
et la reconnaissance des qualifications universitaires et professionnelles.
Ce modèle contient une description du système d’enseignement
supérieur de chaque pays, qui donne le contexte des qualifications.
Il est vivement conseillé, notamment aux jeunes diplômés,
de demander un supplément de diplôme à leur
université. Pour en savoir plus, consulter: http://www/europa.eu.int/comm/education/recognition
Supplément descriptif au certificat
Le supplément aux certificats de formation professionnelle
a été développé en parallèle
avec le supplément aux diplômes. Il comporte une description
détaillée de la qualification acquise par le titulaire
d’un certificat professionnel et est délivré
par l’autorité compétente.Toute information
complémentaire peut être trouvée sur : http://www.cedefop.eu.int/transparency/certsupp.asp
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